
Retraites : pourquoi la concertation patine et ce que veut la CFDT
Cliquez sur la vidéo pour visionner l’interview de Marylise Léon !
Où en est le conclave aujourd’hui ?
Le conclave lancé en février 2025 sur les retraites a récemment été redéfini sous l’impulsion de la CFDT, prenant désormais la forme d’un « village retraite ». Selon Marylise Léon, responsable de la CFDT, cette transformation vise à garantir une autonomie complète des discussions, sans interférences du gouvernement ni des autres responsables politiques. Elle indique avoir clairement exprimé au Premier ministre François Bayrou que les partenaires sociaux souhaitaient désormais une feuille de route claire et consensuelle pour reprendre sérieusement les discussions.
Pourquoi le dialogue peine-t-il à avancer ?
Les échanges ont connu un blocage suite aux déclarations controversées du Premier ministre insistant sur l’âge légal comme levier principal. En réaction, plusieurs organisations (CGT, FO, U2P) ont quitté les négociations, laissant autour de la table la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, le MEDEF et la CPME.

Position claire de la CFDT face au gouvernement
La CFDT, par la voix de Marylise Léon, dénonce « une atteinte à la démocratie sociale » et souhaite désormais éviter toute interférence politique pour se concentrer sur une négociation purement sociale et constructive.
Les enjeux clés pour la CFDT

Corriger l’injustice liée à l’âge légal
La CFDT reste opposée au décalage de l’âge légal à 64 ans et souhaite revenir à 62 ans. Le syndicat considère que cette mesure pénalise injustement les travailleurs, en particulier ceux exposés à des conditions difficiles.

Priorité à la prise en compte de la pénibilité
La CFDT fait de la pénibilité un pilier majeur des discussions. Elle propose notamment la réintégration de critères liés aux troubles musculosquelettiques, exclus depuis 2017. Le syndicat souhaite aussi améliorer l’attribution de points de pénibilité afin d’anticiper les départs des salariés exposés à des métiers difficiles.

Améliorer l’emploi des seniors
La CFDT considère que le déficit financier du système de retraite pourrait être résolu en augmentant de 10 points le taux d’emploi des seniors, atteignant ainsi la moyenne européenne. Cela représenterait 700 000 emplois supplémentaires et environ 10 milliards d’euros de recettes.

Garantir l’égalité femmes-hommes
Marylise Léon insiste sur les inégalités profondes subies par les femmes, qui ont des pensions nettement inférieures à celles des hommes et sont particulièrement touchées par l’allongement de l’âge légal. La CFDT souhaite donc améliorer la prise en compte des trimestres liés à la maternité.

Repenser le financement des retraites
La CFDT ouvre également le débat sur de nouvelles sources de financement, notamment par une contribution des retraités les plus aisés. Le syndicat propose de discuter de mesures fiscales ciblant les patrimoines élevés, comme l’idée récemment évoquée de taxer les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros.

Un nouvel espoir pour relancer les négociations ?

La CFDT reste optimiste quant aux possibilités de dialogue grâce à cette clarification des règles du jeu et souhaite avancer concrètement sur ces points essentiels afin de construire un système de retraite plus juste et équilibré.





