
Consultation du CSE Central sur la situation économique et financière 2024 de Covéa – Des hausses tarifaires à la maîtrise des risques : le virage
« On vous explique pourquoi la CFDT prend acte de la situation économique et financière de notre groupe. »
C’est par cette prise d’acte que s’achève l’avis rendu par la CFDT, le 30 septembre dernier, pour donner suite à la présentation de la situation économique et financière de Covéa lors du CSE Central de juillet. Un constat lucide, ni triomphaliste ni alarmiste, sur une année 2024 contrastée pour Covéa. Contrastée, car le Groupe est solide (primes en hausse, fonds propres élevés, gestion financière performante) mais masque des fragilités bien réelles sur le « réacteur 1 » – l’Assurance France.

2024, l’année du rééquilibrage
La photographie est claire : le groupe reste solide, mais les portefeuilles de l’IARD s’érodent. Le ratio combiné se tend, les hausses tarifaires – assumées et nécessaires – ont freiné la conquête commerciale notamment sur les marchés de masse Auto et MRH. Les sinistres climatiques moins violents qu’en 2023 n’ont pas suffi à compenser la hausse des coûts moyens, les sinistres graves et les rechargements de provisions en construction.
Face à cela, CAP98 a été lancé pour ramener le ratio combiné des marchés particuliers à 98 % d’ici 2026. Les premiers effets sont visibles : meilleure fréquentation des réseaux agréés, recours accru aux pièces de réemploi, maîtrise des frais généraux – autant de leviers opérationnels concrets qui montrent que le pilotage technique redevient le cœur du jeu.

MMA, redresser vite, relancer juste
La CFDT ne maquille pas la réalité : le plan de redressement des marchés Pro-Entreprises chez MMA a été « court, dur et intense ». Il était nécessaire pour l’avenir de la marque, mais ses effets collatéraux, sur les partenaires et les équipes ainsi que sur les autres marchés – ont été sous-estimés. 2024 aura été l’année du redressement ; 2025 doit être celle de la relance, avec un impératif : retisser la confiance, côté salariés comme côté agents et courtiers, ainsi qu’avec les clients. Et ne pas perdre de vue que la construction, notamment avec la garantie décennale, restera un caillou dans la chaussure jusqu’au pic de charge attendu en 2026.

Direction Assurance Vie : enfin sous les feux des projecteurs
Longtemps dans l’ombre de l’IARD, la Direction Assurance Vie prend désormais toute sa place et participe de façon significative aux résultats : collecte dynamique, UC en hausse, niveaux de Provisions pour Participation aux Bénéfices (PPB) confortables, solvabilité robuste. Cette Direction dispose d’atouts incontestés pour réussir son développement, à condition d’accompagner au plus près les réseaux et d’acculturer davantage le groupe au marché Vie.

Direction Santé Prévoyance : Un relai de croissance
Sur la Santé-Prévoyance, le diagnostic est nuancé : ce marché est malmené par le désengagement de la Sécurité Sociale et la montée de la fraude, mais les marges s’améliorent et des pistes concrètes (offres ajustées, IA antifraude, efficacité opérationnelle) sont engagées.

L’enjeu oublié : l’indemnisation comme colonne vertébrale
Au-delà des mesures tarifaires, la CFDT appelle à « retrouver la maîtrise des coûts sinistres » en faisant de l’indemnisation une véritable direction transverse. Autrement dit, mutualiser les moyens, standardiser les pratiques, piloter la chaîne de valeur de bout en bout (de l’assistance à la réparation), et inscrire durablement la « réparation durable » dans le quotidien. C’est là que se joue, sur plusieurs années, le retour pérenne à la profitabilité technique.

Finance et durabilité : des atouts différenciants
La gestion financière demeure un point d’appui majeur, avec une contribution significative aux résultats Vie et Non-Vie. Côté durabilité, l’entrée dans la CSRD (Reporting de durabilité des entreprises) structure les démarches et rend « auditable » l’ambition : adaptation aux risques climatiques, investissement responsable (immobilier, transition), trajectoire de baisse des émissions. Autant d’éléments qui, bien orchestrés, servent la promesse client comme la résilience financière.

Gouvernance et stratégie
Le changement de gouvernance intervenu en 2025 est vu positivement : avec une continuité dans l’exécution, un élan nouveau avec trois objectifs simples à comprendre et à piloter : ratio combiné à 98 % en 2026, le développement commercial sur des bases saines et l’intégration de la durabilité dans l’action. La CFDT trace le cadre du prochain plan stratégique : ambitieux, novateur, fédérateur, ancré sur le leadership France dans la durée tout en s’adossant au « second réacteur », PartnerRe.

Ce que propose en creux la CFDT
Entre les lignes, l’éditorial social formule une feuille de route pragmatique :

Retrouver de la rentabilité technique sans sacrifier les salariés.

Sécuriser la relance chez MMA : clarifier le calendrier, outiller les réseaux, revisiter la souscription et la prévention.

Faire de l’indemnisation une Direction transverse pour assurer la prise en charge sinistre sans couture, depuis l’assistance jusqu’à la réparation.

S’appuyer sur des relais de croissance pour construire le Résultat (Santé Prévoyance, Covéa PJ, Fidélia…) comme moteur de diversification.

Ancrer la durabilité dans la performance (prévention, réparation, investissement).

Pour finir, la CFDT ne s’y trompe pas :
Covéa dispose des atouts pour « assurer son avenir dans un monde qui change », pour conserver sa place de leader de biens et de responsabilités en France.

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