
CET/CETR : la direction impose la négociation !
Lors de la réunion de négociation du 4 février, la DRH a annoncé que, faute d’accord pour rééquilibrer les jours placés sur le CET et le CETR, elle pourrait aller jusqu’à dénoncer l’Accord Retraite.
Une telle décision ferait peser un risque concret sur :

Le CETR

L’abondement de 60 jours pour l’annonce anticipée de départ à la retraite

L’abondement de 15 % du stock CETR

La majoration de 50% de l’Indemnité de Départ à la Retraite (10% dans la CCN au lieu de 15% chez Covéa)

Le PERECOL et ses abondements.
Face à cette pression, la CFDT a choisi de rentrer dans la négociation.
Les propositions de la Direction
Pour rééquilibrer la situation, la direction souhaite supprimer l’alimentation du CET et du CETR issue de la conversion des éléments financiers : prime de vacances, treizième mois, intéressement, participation et versements libres.
Cette alimentation en argent représente 52 000 jours en 2024.
En contrepartie, elle propose :

Possibilité de convertir 75% de l’Indemnité de Départ à la Retraite (IDR) pour allonger le congé CETR (environ une centaine de jours)

A partir de 59 ans, possibilité d’alimenter le CET / CETR par la conversion de la Prime de Vacances et/ou le 13ème mois jusqu’à 30 jours par an
Une expérimentation à Fidélia permettant d’alimenter le CET jusqu’à 10 jours avec la
Prime de Vacances et/ou le 13ème mois à condition de poser ces jours dans l’année

Plus largement, des mesures facilitant le déstockage, comme la prise de jours de CET à l’unité (et non plus par bloc de 5), ou prolonger une absence d’un congé paternité, maternité, adoption ou parental d’éducation

Expérimentation d’un congé « Respire » pour s’octroyer une pause dans sa carrière à partir de 40 ans

Permettre l’alimentation en argent des CET / CETR jusqu’à 10 jours par an, à condition de les transférer sur le PERCOL. Si tel n’était pas le cas, l’employeur remonétise les jours en novembre à la valeur initiale du placement
Les propositions de la CFDT
Après analyses et simulations, la CFDT avance des solutions constructives permettant d’équilibrer les flux tout en sécurisant le dispositif actuel.
1. Maintenir les alimentations en temps et les plafonds existants
La CFDT demande, à la fois pour le CET et le CETR, la conservation de l’alimentation en jours de :

5ème semaine de CP et au delà, et congés anniversaires

JATT ou Jours de repos

Heures de repos acquises par des heures supp

Récupération des jours fériés pour l’assistance


Plafond CET 150 jours

Plafond CETR 300 jours

2. Alimenter le CET / CETR en argent dès 58 ans
Pour offrir une vraie lisibilité de fin de carrière, la CFDT propose d’autoriser, dès 58 ans, la transformation de la Prime de Vacances et/ou du 13ème mois pour alimenter les CET/CETR, permettant six ans d’alimentation avant l’âge légal de départ.
3. Un congé CETR plus long grâce au temps partiel
La CFDT revendique le passage en temps partiel ou en forfait-jours réduit juste avant l’entrée en congé CETR (cessation totale d’activité), sans possibilité de refus de l’employeur et en acceptant la baisse de rémunération correspondante.
Cela permet :

De s’adapter en douceur et progressivement à la retraite

D’allonger le congé CETR de plusieurs mois tout en continuant à cotiser pour la retraite
4. Un abondement de fidélité : 1 an d’ancienneté = 1 jour CETR
Pour reconnaître l’engagement durable des salariés, la CFDT propose un système d’abondement cumulable avec les autres dispositifs (60 jours de prévenance et 15% d’abondement du stock CETR) :
10 ans d’ancienneté

10 jours abondés
30 ans d’ancienneté

30 jours abondés
35 ans d’ancienneté

35 jours abondés
5. Faciliter le déstockage des jours

Revoir l’abondement PERECOL, plus juste et plus incitatif que l’abondement forfaitaire de 1 000 € pour 10 jours CET/CETR transférés. La CFDT demande que chaque jour CET/CETR transféré sur le PERECOL soit abondé à la valeur de la journée, dans la limite de 10 jours et de 6 450 € par an

Pour Fidélia, rétablir l’avantage acquis, avant le Statut Commun, de transformer 50% du 13ème mois en 11 jours de CET

Utilisation des jours de CET pour racheter des trimestres (dans la limite de 4 trimestres achetés), avec abondement :
- 1 000 € pour 10 jours monétisés
- 2 000 € pour 20 jours monétisés

Déblocage du CET sans limite pour des situations particulières, notamment pour les proches aidants, les violences conjugales, ou le handicap
La négociation est incontournable mais pas à n’importe quel prix !

Dans cet environnement tendu, la CFDT affirme sa volonté de construire et non de subir.
Elle formule des propositions sérieuses et équilibrées, permettant de préserver des dispositifs qui constituent l’un des piliers du statut commun.
Plus que jamais, la CFDT se veut force de propositions pour défendre des acquis précieux, garantir l’avenir du CET et du CETR, et accompagner chaque fin de carrière.





